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La viscose est-elle une fibre écologique ?

Présente dans nos garde-robes et dans les boutiques, la viscose est une des matières majoritaires que l’on retrouve dans la plupart des enseignes conventionnelles. Polyvalente, elle compose souvent nos blouses, nos chemisiers et nos robes, par son aspect fluide et solide s’apparentant au coton. Fibre artificielle à base de composant végétal, on lui prête souvent des propriétés écologiques. Nous allons enfin répondre à cette question : La viscose est-elle une fibre écologique ? 

Origines

Le français Hilaire de Chardonnet en 1884, cherchait un processus de transformation de la fibre, pouvant produire une fibre similaire à la soie, jugée trop onéreuse. Comme alternative des vers à soie, il récupère alors de la cellulose de bois. Assez rêche au toucher, il la transforme pour lui rendre un aspect plus doux et soyeux. La viscose, appelée aussi rayonne, rencontre alors un franc succès auprès de l’industrie de l’habillement, avant d’être éclipsée par les fibres synthétiques à partir de 1938.

La viscose fait donc partie de la famille des fibres artificielles, plus précisément des cellulosiques, car si elle est obtenue à partir de cellulose régénérée de coton, de bambou ou encore d’eucalyptus, elle est transformée chimiquement par la suite.

Si elle a une excellente absorption, et un tomber plombant et fluide, elle a également une faible isolation, une tendance à cartonner à l’humidité et n’est pas élastique : elle doit souvent être repassée. Sa fibre a également l’avantage de bien fixer la couleur, et résiste bien aux lavages successifs, là où les fibres naturelles peuvent se délaver.

Selon 72% des Français, les marques devraient fournir davantage d’informations sur l’origine de la viscose utilisée et l’impact de sa production sur l’environnement (étude de 2019, par Ipsos-Mori pour Changing markets).

Impact environnemental et sanitaire

Le procédé de transformation de la viscose est extrêmement nocif et polluant. Pour obtenir cet aspect soyeux, la fibre est plongée dans un bain de soude caustique et de l’acide sulfurique. or, ces produits chimiques sont toxiques et quasi jamais recyclés. En effet, la viscose est produite dans les pays en voie de développement, lieux qui ne possèdent pas de moyens de traiter les déchets chimiques. Où terminent-ils ? Dans les eaux, et la nature. Les travailleurs et habitants aux alentours y sont soumis régulièrement, causant de très graves problèmes de santé.

La viscose est également soumise au disulfure de carbone. Encore un terme qui sonne bien : le disulfure de carbone est un produit inflammable, toxique et très volatile. Il est donc responsable d’une importante pollution de l’air. De plus, les vapeurs du disulfure de carbone sont hautement irritantes pour les yeux, les muqueuses et le système respiratoire. Une exposition prolongée de la part des ouvriers ou habitants peut provoquer des maux de tête, effets neurologiques sévères, jusqu’à des comas ou des décès. Enfin, l’exposition chronique à cette substance a également des effets sur la fertilité.

Le processus de fabrication de la viscose est également la cause d’une importante déforestation, car pour produire la fibre, cela nécessite énormément d’eau et de cellulose de bois (la culture du bois pour la viscose, provenant de 30% des forêts en danger). Les pesticides et colorants artificiels sont également rejetés dans les rivières. Rappelons que tous ces solvants toxiques se retrouvent par la suite sur notre peau.

Alternatives

La seule viscose qu’il est possible d’acheter tout en réduisant ce très lourd impact environnemental et sanitaire est la viscose certifiée Ecovero® : c’est à dire que cette viscose proviendra de forêts gérées durablement, qui disposent du label PEFE-FSE ou encore FSC. La consommation d’eau est également fortement réduite. C’est donc l’assurance que la provenance de la fibre végétale est respectueuse de la planète et de l’homme. Mais gardons en tête que le procédé de transformation reste le même, nocif et polluant.

Eux aussi dérivés de la cellulose, Le lyocell® (tencel®), ou le modal, sont dans un processus où 99% de la soude caustique utilisée est recyclée et utilisée. Pas de disulfure de carbone ou d’acide sulfurique ici, mais un solvant non-toxique et recyclable. L’eau est également récupérée et les plantes fournissant la cellulose sont aussi issues de forêts gérées durablement, labellisées PEFC-FSC. De plus, les fibres lyocell sont biodégradables. Vigilance toutefois à faire en sorte que ces fibres ne soient pas mélangées à des fibres synthétiques comme l’élasthanne, par exemple. Nous t’invitons à lire notre article sur le sujet, pour en savoir plus.

Au global, nous pouvons considérer que la viscose conventionnelle n’est pas considérée comme étant une fibre écologique. Il appartient à chacun de se renseigner, d’être curieux et de lire ses étiquettes, afin de faire un choix qui te semble le plus en accord avec tes valeurs !